Évaluation de l'enquête mondiale de prévalence ponctuelle de la consommation d'antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens dans 47 hôpitaux canadiens


Évaluation de l'enquête mondiale de prévalence ponctuelle de la consommation d'antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens dans 47 hôpitaux canadiens

Le 21 décembre 2021, un réseau d'hôpitaux canadiens a publié un article dans CMAJ Open, rendant compte de leurs résultats du Global-PPS. Cette étude décrit l'utilisation des antimicrobiens (UAM) basée sur des données détaillées au niveau du patient dans les hôpitaux canadiens en 2018 en termes de prévalence des antimicrobiens, d'indications et de sélection des agents dans les unités médicales, chirurgicales et de soins intensifs pour adultes et enfants. De plus, elle évalue la qualité de la prescription des antimicrobiens à l'aide d'un ensemble d'indicateurs clés de qualité.

Une stratégie pancanadienne

En 2017, le Canada a publié la Stratégie pour la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et l'usage des antimicrobiens : Un cadre d'action pancanadien pour renforcer sa stratégie sur la résistance aux antimicrobiens. La surveillance de la consommation d'antimicrobiens est un élément central du cadre d'action du Canada et c'est pourquoi le Global-PPS a été utilisé pour obtenir ces données.

Quels ont été les résultats ?

Dans cette étude, 47 hôpitaux ont participé, avec un total de 13 272 patients. Au total, 6 525 ordonnances ont été examinées. La prévalence globale des AMU était de 33,51 % : 74,11 % étaient utilisées à des fins thérapeutiques, 12,61 % pour la prophylaxie médicale et 8,91 % pour la prophylaxie chirurgicale. Parmi toutes les prescriptions thérapeutiques, 61% ont été utilisées de manière empirique et 39% étaient ciblées. Les catégories diagnostiques d'utilisation les plus fréquentes concernaient les infections des voies respiratoires (29,61 %), les infections des voies urinaires (11,61 %) et les infections intra-abdominales (11,1 %).  Trente-huit pour cent ont été utilisés pour des infections nosocomiales. Le traitement ciblé pour les MDRO documentées était relativement peu fréquent, puisque seuls 82 patients présentaient une infection à SARM documentée, 101 une résistance à 3rd céphalosporines de génération Entérobactéries et 30 avec résistance aux carbapénèmes (5 produisant des carbapénèmases).  Le diagnostic a été consigné dans le dossier du patient au moment de la mise en place du traitement antimicrobien (87,31 %). Par ailleurs, l'étude a montré que 62,91 % des traitements antimicrobiens comportaient une date d'arrêt ou de réévaluation et que 72,01 % des prescriptions respectaient les recommandations locales.

Conclusion

Ceci est le plus grand projet de surveillance de l'utilisation et de la résistance aux antimicrobiens au Canada. L'étude fournit des informations valides et fiables sur les pratiques de prescription d'antimicrobiens et identifie les domaines à améliorer dans les hôpitaux canadiens participants. L'utilisation globale des antimicrobiens est similaire à ce qui a été précédemment rapporté au Canada, et confirme que le traitement des MDRO est faible.C. Frenette et al., Antimicrob Resist Infect Control, 2020. Deux constatations suggèrent que la prescription d'antimicrobiens devient plus rationnelle :

  • La prévalence de l'antimicrobien-usage dans les patients pédiatriques et néonatals semble diminuer
  • La prophylaxie chirurgicale en une seule dose a été privilégiée par rapport à la prophylaxie chirurgicale de plus d'une journée. Le respect des lignes directrices sur la prophylaxie chirurgicale était élevé parmi les hôpitaux interrogés, bien qu'il soit plus faible dans les provinces de l'Atlantique. De nouveaux protocoles ont depuis été élaborés dans cette région.

Les résultats servent d'étalon de référence général pour les programmes de gérance nationaux et locaux. Par des enquêtes répétées, le Global-PPS nous permettra également de continuer à mesurer l'impact des interventions.

 Lisez l'article ici : G. German, C. Frenette, et al., CMAJ Open, 2021