Des données d'enquête à la salle de consultation : comment la Géorgie a transformé les résultats du Global-PPS en un programme de formation national
La Dre Irma Korinteli, pédiatre et professeure adjointe à l'Université médicale d'État de Tbilissi en Géorgie, participe au Global-PPS depuis 2015. Dix ans et plus de 1 000 enquêtes de prévalence ponctuelle plus tard, elle a contribué à transformer ces données en quelque chose que les hôpitaux géorgiens peuvent réellement utiliser : un programme de formation accrédité au niveau national qui change la façon dont les médecins prescrivent les antibiotiques.
Depuis 2015, la participation au Global-PPS est passée de quelques hôpitaux géorgiens à plus de 30 établissements et plus de 1 000 évaluations, sous la direction du professeur Karaman Pagava de l'Université d'État de médecine de Tbilissi. Année après année, les enquêtes ont suivi l'utilisation réelle des antibiotiques, et le tableau qui en est ressorti était assez alarmant : des agents à large spectre prescrits plus souvent que nécessaire, des directives cliniques pas toujours suivies en pratique, et une thérapie ciblée trop limitée une fois les résultats des cultures revenus.
Ces conclusions factuelles sont devenues le point de départ d'une action. Le Dr Korinteli et ses collègues ont utilisé les résultats de l'enquête comme base pour un programme de développement professionnel continu (DPC) de 12 crédits destiné aux médecins, accrédité par le ministère de la Santé de Géorgie et dispensé sous la direction académique de l'Université d'État de médecine de Tbilissi. Il est intéressant de noter que le programme est conçu pour aider les médecins à se retrouver dans les données : leur département, leurs habitudes de prescription, leur part dans un schéma national. Depuis son lancement en 2024, six sessions de DPC ont touché près de 200 médecins, utilisant des visualisations de données pour rendre un concept abstrait comme la résistance aux antimicrobiens immédiat et personnel.
Ce passage, d'une statistique abstraite à une responsabilité personnelle, est essentiel. Les données du Global-PPS permettent aux équipes d'approfondir des questions qui importent à un prescripteur se tenant au chevet d'un patient : les antibiotiques à large spectre sont-ils principalement initiés comme traitement empirique ? Ce choix est-il étayé par une indication clinique claire ? Dans quelle mesure la prescription réelle suit-elle les directives qui existent sur papier ? En examinant la praticité des lignes directrices, les variations entre les départements et l'incertitude quotidienne à laquelle les cliniciens sont confrontés, le programme retrace les schémas de prescription jusqu'à leurs causes profondes.
“L'amélioration significative et durable doit provenir des prescripteurs eux-mêmes. L'antimicrobial stewardship vise à donner aux prescripteurs les connaissances et les preuves, au lieu de leur dire quoi faire.”
Dr Irma Korinteli
Le programme de DPC de la Géorgie est un exemple concret de la façon dont les données Global-PPS peuvent changer la pratique quotidienne. L'enquête est devenue l'épine dorsale d'un cours récurrent et accrédité qui donne aux médecins les preuves nécessaires pour reconnaître les lacunes, comparer leur propre pratique à celle de leurs pairs et prendre des décisions de prescription plus éclairées – transformant ainsi un outil de suivi en un moteur de changement comportemental. C'est un modèle de ce que la participation à Global-PPS peut mener lorsque des champions locaux, des institutions universitaires et des autorités sanitaires s'alignent autour des mêmes preuves.
Une interview complète du Dr Korinteli sur la gestion des antimicrobiens en Géorgie et le rôle des données Global-PPS sera publiée sur ce site web en octobre 2026.