Je peux brièvement me présenter et présenter mon rôle dans la stratégie de lutte contre la résistance aux antimicrobiens de Chypre.
Markella MarcouJe suis le chef du département de microbiologie de l'hôpital Archevêque Makarios III, qui est l'hôpital de pédiatrie, d'obstétrique et de gynécologie de Nicosie, et je suis également coordinateur de notre comité AMS nouvellement créé. Je travaille un jour par semaine au ministère de la Santé, où je collabore avec Linos sur des programmes nationaux de résistance aux antimicrobiens et de prévention des infections.
Linos HadjihannasJe dirige le service des maladies infectieuses de l'hôpital général de Nicosie et je travaille avec Markella au ministère de la Santé. Nous sommes tous deux des points focaux pour la résistance aux antimicrobiens et les infections nosocomiales.
Qu'est-ce qui a motivé votre intérêt pour la résistance aux antimicrobiens (RAM) et la gestion des antimicrobiens (stewardship) ?
Linos: Les bactéries multirésistantes (BMR) et les infections nosocomiales sont au cœur de nos domaines. Nous constatons directement les risques pour la sécurité des patients, ainsi, contribuer aux efforts nationaux de lutte contre les BMR est une extension naturelle de notre travail. Chypre a une consommation élevée d'antibiotiques et des taux de BMR élevés, similaires à d'autres pays d'Europe du Sud. Ce n'est pas qu'un problème national, c'est culturel.
MarcelleExactement. Il s'agit d'habitudes — la façon dont les antibiotiques sont prescrits et dont la prévention des infections est pratiquée. Nous ne manquons pas de lignes directrices, mais le suivi et le respect sont les vrais obstacles. Jusqu'à récemment, la plupart des hôpitaux n'avaient même pas de comités de gestion des antimicrobiens. Cela a changé l'année dernière, lorsqu'une circulaire du ministère les a rendus obligatoires.
Pourquoi a-t-il été nécessaire de rendre obligatoires les comités d'amélioration de la qualité (AMS) dans les hôpitaux ?
MarcelleSans structures de gouvernance, il n'y a pas d'approche coordonnée de la prescription. Les équipes multidisciplinaires de gestion des antimicrobiens (GAMA) sont essentielles pour élaborer des interventions réalistes et spécifiques au contexte. Nous avons recommandé au Ministère que les hôpitaux soient obligés de les former, et le Ministère de la Santé a accepté. D'ici la fin de 2024, une directive a été adressée à tous les hôpitaux, publics et privés. C'est un changement majeur.
Comment vous êtes-vous d'abord impliqué dans drive-AMS ? Est-ce par l'intermédiaire de l'équipe grecque de drive-AMS ?
Marcelle: Non. Cela a commencé avec Rosa Perran, du ministère néerlandais de la Santé, du Bien-être et des Sports. Lors d'une réunion EU-JAMRAI, elle a suggéré que nous suivions le cours de formation drive-AMS. De là, nous avons été présentés à Jeroen Schouten et plus tard au Prof. Roilides en Grèce.
Linos : Nous avons réalisé que le cours correspondait parfaitement à Chypre. Nous venions de mandater les comités AMS, et c'était une opportunité opportune pour les former.
Qu'a permis la formation de février 2025 ?
Linos : La première formation a rassemblé les équipes de l'AMS des huit plus grands hôpitaux de Chypre : quatre publics, quatre privés. Chaque équipe a conçu un projet réaliste à petite échelle pour lancer son programme de gestion des antimicrobiens. C'était un excellent moyen de combiner la politique et la pratique.
Marcella : Le cours nous a également initiés à de nouveaux concepts tels que l'identification des obstacles et des facilitateurs comportementaux. Cependant, un message important à retenir est que le changement prend du temps. Il commence par des objectifs petits et réalistes. Dans le cadre du cours, les formateurs ont utilisé la métaphore du bambou chinois : vous arrosez et arrosez et ne voyez rien pendant longtemps, mais soudain, il pousse fort et grand. C'est ainsi que le changement dans AMS prendra racine.
Quel est le plan de suivi après le cours de février ?
LinosChaque hôpital a conçu un projet réaliste de SMA durant le cours. Nous organisons maintenant des téléconférences de suivi tous les quelques mois où chaque équipe présente ses progrès. Des formateurs de Grèce se joignent à nous pour conseiller et soutenir.
Marcella : La plupart des hôpitaux ont également effectué un Global-PPS mesure avant le cours, et beaucoup prévoient de le refaire dans un an pour suivre les progrès. Nous avons trouvé le Global-PPS très convivial et pas trop long. C'est donc un excellent outil pour mesurer les progrès au fil du temps.
Quels résultats espérez-vous voir ?
Marcelle: Nous ne nous attendons pas à ce que Chypre devienne la Suède du jour au lendemain. Mais nous espérons stabiliser la situation et créer de petites victoires dans chaque hôpital. Il s'agit d'initier un changement culturel, d'accroître la sensibilisation et de favoriser le changement de l'intérieur. Les bases sont posées. Maintenant, nous arrosons le bambou.